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REGLEMENT DES CONFLITS CHEZ LES BAPA DE L’OUEST – CAMEROUN (SA’A TCHA’ANG)

RÈGLEMENT DES CONFLITS CHEZ LES BAPA DE L’OUEST – CAMEROUN  (SA’A TCHA’ANG)

0. INTRODUCTION

L’ Autre est à la fois un miroir et un problème ; lorsque deux êtres humains cohabitent, il y a toujours l’éventualité d’un conflit, des incompréhensions non seulement liées à la nature de l’homme, mais aussi dues au fait que nous ressortons ou sommes issus des éducations différentes. Les Bapanais  n’échappent pas à ce principe de la condition humaine et en milieu Bapa, les conflits sont gérés conformément aux règles de la tradition et de la culture ancestrales. Nous nous attèlerons à sa description.

Objectifs spécifiques (O.S);  

Au terme, le lecteur doit être  capable de :

Ø Définir le conflit chez les Bapa ;

Ø D’énumérer les juges d’un conflit chez les Bapa

Ø Les Méthodes de règlement des conflits chez les Bapa

I. DÉFINITION

Le conflit chez les Bapa se dit «sa’a tcha’ang»ou «ndja’a tcha’ang» ou mieux encore«gwo’o mvouo nye» qui signifie littéralement détruire la colère ; surmonter la colère ; juger les affaires ; trancher le litige ; découper les problèmes ; cisailler les nœuds, écraser, éparpiller, disperser puis faire disparaître la colère, l’énervement,l’énergie négative, le mal, le différent, l’inimitié, l’indifférence entre les personnes.

«gwo’o mvouonye» est une expression qui signifie littéralement écraser et faire disparaître les traces ;   couramment appelée réconciliation,  elle signifie encore relier de nouveau. Faire naître de nouveau, faire régénérer à une nouvelle manière d’être et de se comporter en société Bapa.  C’est une expression ou un thème qui mérite en réalité d’être traité à part. (A SUIVRE)

II. QUELQUES MÉTHODES DE RÈGLEMENT DES CONFLITS CHEZ LES BAPA

 

A)   LE JUGEMENT DES HUMAINS

Le règlement des conflits entre individus chez les Bapa suit un certain processus.Quand tu as un conflit ou un problème avec ton prochain,  avec une personne, tu dois d’abord rencontrer le chef de famille, puis le chef du quartier ensuite sa Majesté, le Chef du Village progressivement si tu n’est pas satisfait des verdicts issus.

 

a)    Le Chef de Famille ;

Si le problème est d’origine familiale, entre membres d’une même famille, je dois d’abord m’adresser au chef de ma famille. ce dernier écoute les plaignants,  résout le conflit à son niveau avec son conseil. Et d’ailleurs même si le conflit se situe entre membres de familles différentes,les deux chefs de famille doivent être informés du problème. Dès lors, si les deux familles avec leur chef en tête n’arrivent pas à s’entendre, c’est en ce moment que le conflit est porté ou transféré au chef de quartier.

b)    Le Chef du quartier ;

Lorsque le chef du quartier est alerté, ce dernier juge l’affaire tout en tenant compte, avant tout, des avis des 02 chefs de famille ; le chef du quartier procède à ses enquêtes avec son conseil. Et donne son verdict. Si l’un des plaignants ou les plaignantes ne sont pas toujours satisfaits, le problème est porté ou transféré à la chefferie.

c)     Sa Majesté le Chef du Village ;

Le chef du village est l’instance suprême du village, son verdict en réalité n’a pas de recours ; il est donc est sans appel ; c’est pourquoi sa Majesté prend tout son temps avec son conseil pour aborder le problème avec tout l’arsenal mis à sa disposition à la fois par la tradition, les coutumes et les lois ancestrales. Nous verrons certaines de ces dispositions plus bas.  Notons toutefois que la chefferie dans son jugement tient à la fois compte du point de vue et des chefs des familles et du chef du quartier dans l’appréciation ou le jugement du conflit. Toutefois tant que la justice est équitablement rendue, en général, toute la population respecte le verdict.

d)   Le débat devant un tribunal ;

Comme nous venons juste de le dire, la décision de sa Majesté est sans appel, mais avec la modernité et surtout le non respect de la tradition et de la coutume par certains citoyens,  ou encore des failles trouvées dans la sentence de certains chefs, il arrive que d’autres,après le verdict du chef aient recours au tribunal. On n’a même déjà rencontré des citoyens porter plainte contre sa Majesté dans les tribunaux, ce qui es tune aberration pour la tradition et la coutume ancestrales.

B)   LA CONSULTATION DES FORCES INVISIBLES

Lorsque le conflit est simple, tout se juge simplement par l’une des instances ci-haut décrites ; mais lorsqu’il s’agit des problèmes plus complexes, comme le vampirisme, l’assassinat, l’accusation d’empoisonnement, de concubinage  etc. alors le conflit prend une autre tournure et oblige l’usage des moyens autres appropriés issus de nos traditions et de nos coutumes.

a) Jugement de la tortue (ntant chouè) ;

C’est un moyen de jugement directe employé par le seul chef du village en accord avec son conseil et ses notables.  La tortue donne son verdict et ne peut se tromper : c’est la foi du peuple Bapa dans sa tradition. D’abord que signifie le verdict ou le jugement de la tortue appelé «ntan tchouè» ? Chez les Bapanais ? la tortue s’appelle «tchouèmèkouo» .‘’Tchouè’’ signifie littéralement s’asseoir  sur une grande chaise. Or, la position assise chez les Bapa est celle d’une forte autorité et d’une grande stabilité. «tchouè » c’est donc le diminutif de «tchouè mèkouo».  La tortue, dans la tradition et la coutume des Bapa, est l’un des animaux le plus sage, idoine pour prononcer un verdict en mettant en plein la vérité cachée ou recherchée.

 Comment cela se passe-t-il ?

Lorsqu’une personne porte plainte à la chefferie de nature mystique ou mieux classé dans les cas ci haut cités, après concertation et mûr réflexion,  sa Majesté décide de l’usage ce moyen de jugement et tient informé toute la population de sa tenue en général le jour du grand marché Bapa : «Chepté».  La population s’installe le long de l’entrée de la chefferie des deux côtés. Sa Majesté et ses notables s’installent au fond de l’entrée de la chefferie en face de l’entrée principale. Le notable arrive avec la tortue. Le plaignant d’abord prend la tortue entre ses mains et parle.C’est-à-dire raconte à la tortue et à la population sur place ce qui s’était passé, de quoi il est accusé et comment cela s’était en réalité passé. Il professe à la suite son innocence et demande à la tortue de lui faire justice. dès lors le plaignant montée à l’entrée de la chefferie et dépose la tortue. Si la tortue descend vers la chefferie alors vers le chef et son équipe, alors le plaignant ou la plaignante aura gagné et l’accusé perdu.  De même l’accusé  prend entre ses mains la tortue et parle,raconte ce qui s’était passé et dépose la tortue ; si la tortue ressort de la chefferie vers l’entrée principale alors l’accusé (e) aura gagné (e) et la ou le plaignant (e) perdu (e). Dès lors la population peut lapider le perdant ou la perdante qui peut même être exilé selon la gravité de l’affaire.

b) Boire le  «kadi» ;

Lors du règne de SA MAJESTÉ NOMETCHEMA’A FE NOUKIMI DAVID, un notable malade accusa l’autre d’être à l’origine de sa maladie. La rumeur circula pendant longtemps non seulement au milieu des notables mais il y eu fuite d’information vers la population. Le notable malade fut obligé d’aller rencontrer sa Majesté pour porter plainte contre son collègue. Sa Majesté prit du temps pour rechercher des voix et moyens pour résoudre le problème ;mais finalement , vue la gravité, la complexité et la mysticité de l’affaire, il opta finalement pour la solution de la prise du Kadi. Il suscita au milieu des notables la nécessité de la présence de tous à une de leur réunion à la chefferie. Au terme de la réunion traditionnelle, Sa Majesté prit la parole et dit à l’assemblée des notables. De temps en temps, il est nécessaire par mesure de prudence et de routine, de se rassurer qu’aucun problème, que le mal ne peut pénétrer dans notre village à travers une personne parmi nous. C’est pourquoi, je vous invite à une cérémonie de «Kadi» de simple formalité, pour davantage promettre que rien de mal ne peut arriver dans notre village en passant par un notable ici présent. Après cette invite, tour à tour en commençant par  sa Majesté lui-même,ils prirent le «kadi». En effet, il s’agit de prendre le vin blanc dans un verre ou dans sa corne de bœuf appelé en Bapa «Don Hong» que nos notables utilisent pour boire ; chacun,disais-je, prend le vin blanc dans son verre et se confesse en disant : «Moi tel, fils de …. , je promets qu’aucun parfum du mal ne peut pénétrer Bapa en passant par moi…et si tel est le cas, je donne quoi ? je donne ma tête». Au terme de la cérémonie,sa Majesté Nomtchema Fé NOUKIMI DAVID reprit la parole en se plaçant au milieu de la salle en disant : «Cher notable X, le notable répondu me voici sa Majesté, viens ici, le notable se déplaça tout près du chef.  Sa Majesté continua : si j’ai tenu à cette cérémonie, c’est parce que le notable Y t’accuse d’être responsable de sa maladie. Toutefois, nous tous ici présents, nous  connaissons ta loyauté, ta fidélité à nos coutumes et nos traditions, et d’ailleurs tout à l’heure tu as bien fait sans hésitation ta cérémonie de prise du kadi».  Alors le notable X, demanda la parole au chef et déclara :  Merci Majesté de m’accorder de m’exprimer sur cette affaire qui de plus en plus prenait déjà d’autre tournure diffamatoire dans notre milieu. Je salue la présence de tous les notables. Majesté, je regrette qu’à cause de moi, vous ayez soumis tous nos tables à ce rite dangereux. vous aurez dû aller tout droit au but, me mettre au centre du rite au lieu de soumettre tout le monde. Car cela ne tienne, sa Majesté, je dois reprendre ce rite. Toute l’Assemblée s’est écria pourquoi, non ! et sa Majesté s’est levé pour s’interposer également comme les notables. Malheureusement le notable X a insisté en ces termes : Majesté, je vous respecte énormément et tous nos notables ici présents ; je vous prie de me laisser reprendre la cérémonie du kadi, car l’abcès a été percé, ce qui devrait faire l’objet de cette cérémonie est vraiment dévoilé. Permettez moi d’insister et de reprendre. Alors silence total dans l’Assemblée et le notable X prit le verre et dit :  voici exactement ce qui s’est passé entre le notable Y et moi. Vous le savez très bien qu’au milieu de nous, c’est lui le responsable du partage du repas lorsqu’il y a des funérailles, le deuil et autres dons.  J’ai constaté plusieurs fois qu’au moment du partage,il met toujours de côté une bonne part qu’il emporte après. Et l’Assemblée s’ écria‘’eh eh eh’’, une manière, tous ensemble,  d’acquiescer ou de confirmer les dire du notable X qui parlait. Votre réaction signifie bien que vous, également, l’aviez constaté.  Ce qui signifie en fait ou en clair que je n’ai pu lui dire que ce que tout le monde avait constaté et ne n’osait pas lui en parler en face. Je lui ai fais la remarque trois fois en lui disant que c’est le bien du peuple qu’il détourne ainsi, et que cela n’était pas bien non seulement pour lui mais également pour sa progéniture ; il attire d’une manière ou d’une autre la foudre des paroles mauvaises des gens vers lui et toute sa famille de se nourrir d’un repas très mal acquis. voilà tout, je n’ai rien d’autre eu avec ce notable Y ;vous-même jugez-en !  Sa Majesté,chers notables, c’est pourquoi j’y tiens à reprendre le kadi. Dès lors sonverre en main avec le vin blanc, le notable X déclara en ce proche du trou où l’on parle et verse le vin blanc : ‘’ Moi, notable X, fils de… Sur cette affaire dont m’accuse le notable Y, je reconnais simplement l’avoir interpeller à trois reprises afin qu’il cesse de détourner la nourriture du peuple dont il a la responsabilité de distribuer ou de partager ; le faisant je croyais faire du bien à mon frère et collègue. Je l’ai fais de bon cœur, dans le cadre d’une causerie fraternelle sans arrière pensée ; et toi notable Y, tu m’accuse d’être responsable de ta maladie ; Oui, si je le suis vraiment comme tu le dis, dans les trois jours qu’il suive, que je me retrouve également malade comme toi et même pire que toi. Il le dis en versant le vin dans le trou du ‘’kadi’’. Mais si tout ce que tu raconte et vilipende là dehors pour salir mon nom ; si cette diffamation n’est que mensonge, alors notable Y, tu feras 09 ans de maladie sans être ni dedans ni dehors. Il ledit puis versa le vin blanc dans le trou du kadi pour la 2efois.  L ’Assemblée devint humide,silencieuse d’un silence de mort. Ce fut une stupeur totale dans  l’Assemblée. Les gens haussèrent les épaules comme pour dire il l’aura chercher et il l’aura voulu. Tous ressortir et partir de cette Assemblée sans plus rien ni mot dire. Et justement ou exactement, le notable Y fit 09 ans de maladie dans la maison sans être ni dedans ni dehors et mourut.

Qu’est-ce que le‘’Kadi’’ chez les Bapa ?

Le kadi en Bapa se dit ‘’ ne gouè (gwè)’’qui signifie littéralement boire la potion du serment de vérité. En effet, c’est une potion qui au départ est simple et naturelle.  Mais c’est les hommes qui la complique. Cette potion est un moyen de la quête de la vérité. Quand tu la boit en prononçant des paroles, cela a des répercussions sur ta vie selon que tu dise la vérité ou le mensonge.  Mais certains analystes ont pu dire que la potion de la personne qui est suspectée de mensonge est parfois empoissonnée d’une manière ou d’une autre pour trancher ou en finir une fois avec lui.

c) Les totems ;(pieu)

Le totem chez les Bapa se dit ‘’pieu’’(pyeu).  Qui signifie le double d’une personne ‘’pieu meu’’. C’est une possibilité ou mieux, cette capacité de prolongé ma vie dans celle d’un animal,une plante, d’un rocher, d’une herbe pour vivre en même temps humain, en animal, etc . Le but est de vivre le plus longtemps possible ; aussi en animal, l’individu a la possibilité d’aller dans les recoins de la forêt rechercher des remèdes pour sa progéniture ou pour soi-même ou pour ses patients. Bref, c’était un moyen de protection de soi-même et sa progéniture et de sa famille. pendant la nuit par exemple le papa qui a son totem se place à un point stratégique de la concession pour assurer la garde et la protection de toute sa concession. Par exemple, quand papa t’envoie chez ton oncle à 18h30pour une commission, à ton retour à 19h00 ou 20h00, son totem est à ta suite pour te protéger à ton insu ;

Au sujet du règlement des conflits, beaucoup utilisait le totem pour mener des enquêtes nocturnes et découvrir la vérité. En effet, les hiboux qui sur volentle village dès 18h30 on des yeux et des oreilles.

d) L’araignée (tcheng   gome) ;

Une autre méthode de rechercher la vérité c’est le recours à un araignée qui vit dans le sol appelé en Bapa ‘’gome’’ ou encore ‘’gome si’’ c’est un araignée nantis de sagesse comme la tortue ; il prédit l’avenir des gens. On l’interroge à travers des signes et des symboles. Par exemple à l’entrée de son trou, on trace plusieurs traits, 3 à 4 traits, on y place des petits bâtons qui représentent des paroles prononcées, des suggestions faites. Toutefois,l’araignée peut lui-même apporter un élément nouveau sur son sanctuaire de la recherche de la vérité. Il y a donc des spécialistes pour interpréter les énoncés de l’araignée.

Dans le cadre du règlement des conflits, l’araignée est donc interrogée pour donner sa version des faits ou du verdict.

e) L’irréparable, dans la tombe :rancune et rancœur ;

 Dans certains conflits, on arrive à l’impasse,c’est-à-dire dans l’impossibilité de résoudre le conflit ou de trouver un terrain d’entente. C’est pourquoi on peut, à ce propos écouter des paroles telles : ‘’c’est dans la tombe que ce problème sera résolu’’. Cela signifie que la rancune ou la rancœur est consommée et se propage de génération en génération. Dans ce cadre le verdict est entre les mains de la providence, des esprits des ancêtres inconnus qui trancheront l’affaire.

III. SOLUTIONS AUX RÈGLEMENTS DES CONFLITS ;

Voici quelques moyens de règlement des conflits entre individus.

a) Les enquêtes, le témoignage et le dialogue ;

une enquête est un ensemble d’investigation visant à éclairer les circonstances d’un délit ou d’un crime. Après avoir suivi la version des plaignants, dans le règlement des conflits  l’on procède à une enquête pour s’assurer de la véracité des faits présentés par les protagonistes. Pour réussir ces enquêtes, il faut écouter les témoignages des uns et des autres qui ont suivi de près ou de loin, l’affaire. Dès lors, il faut amorcer le dialogue entre les belligérants ; essayer de les rapproches. Retenir qu’écouter est résoudre le problème de plus de la moitié ; retenir également que laisser l’autre parler c’est le vider de nombreux blessures qu’il portait en lui. Le dialogue est un chemin  incontournable de résolution des conflits.

b) Le rite de réconciliation (gwouomvouo nye)

ilexiste dans la tradition et la coutume Bapa, un spécial rite de réconciliationqui se dit ‘’ gwouo mvouo nye’’ ; quisignifie littéralement écraser etéparpiller les débris des litiges etdes conflits ; mieux encore, écraser et détruit à jamais la rancune ou larancœur pour laisser place à la paix, à l’amour, à la tolérance, au pardon, auservice, à la vie etc. c’est toute une cérémonie qui met en présence nonseulement les protagonistes, mais les deux familles des individus directementimpliqués. Après l’écoute et le partage des torts, on invite à la paix et à laréconciliation par un rite. On peut y citer dans ce rite : la poignet demain, les embrassades, le partage de la kola, du vin blanc, du repas familialeet surtout le regard dans le regard pour attester la véritable fin deshostilités.

d) Laisser le temps au temps ; (nyéntem bi ntem)

Il existe des problèmes si graves selon leur nature, leur complexité, leur mysticité et leur conséquence néfaste,qu’il convient simplement de ne pas les aborder au risque d’engraver la situation. Dès lors, d’après la sagesse, on laisse le temps seul s’occuper de l’affaire pour penser les plais, cicatriser les blessures. Au fur et à mesure que le temps passe, les gens deviennent tolérants, relativise, minimise, e toublie l’affaire de génération en génération.

 

e) Les médiations ; (ghyen kem oughyen djè)

l’une des méthodes de résolutions des conflits, c’est la médiation. En Bapa la médiation se dit ‘’ ghyen kem’’ ou ‘’ghyendjè’’. 

‘’ Ghyen kem’’ signifie littéralement marcher–attaquer ;  c’est une personne qui a pour mission à la de persévérer dans la marche et surtout d’attaquer ou de provoquer les protagonistes pour rechercher la vérité.  Elle doit user de tous les moyens pour que la vérité triomphe des dires des belligérants. Dès lors, elle fait usage d’une dialectique méthodique qui consiste à la fois à réchauffer et à refroidir ;  à dénoncer et à annoncer ;‘’Ghyendjè’’ signifie littéralement marcher – route, ou marcher–connaître ;  c’est une personne qui a pour mission également de restaurer la paix ; contrairement à sa première mission, elle doit rechercher des points de convergences pourunir, pour réconcilier les protagonistes ; elle rechercher les astuces pour un terrain d’entente pour écraser et effacer la divergence, la discorde qui séparaient les deux individus en conflit.

Cela dit, selon la nature et la profondeur du conflit, chez les Bapa, il y l’usage de la médiation pour gérer le conflit et rétablir la paix et la justice entre les individus.

f) L’invocation des ancêtres ;

Quand tous les moyens ci haut cités n’aboutissent pas, l’un des derniers recours et parfois même le premier c’est l’invocation des ancêtres. Comment cela se passe–t-il ? Dans la salle des crânes, le successeur prend la parole pour un rappel,  une confession, et une action. Il rappel les ancêtres leur rôle à ne pas abandonner leur progéniture en difficultés. Il confession la foi aux ancêtres dans le lien qui les unis à leur progéniture et surtout dans le devoir à les guider dans la paix, l’unité et l’amour fraternel. Il demande l’action des ancêtres, d’agir afin que leur progéniture ne périssent dans les disputes et les querelles. Afin que triomphent l’unité et la croissance de la progéniture. A la suite, le successeur peut offrir un repas aux ancêtres que partagent les protagonistes, également les membres de la famille présents. Il s’agit par exemple d’un poulet rôtis sur les braises ardentes, découpés, arrosés d’huile rouge et sel qu’on verse sur le crâne des ancêtres et dans les lieux sacrés de la concession familiale.

IV. LA SOLUTION DE JÉSUS DANS LA BIBLE ET DANS L’EGLISE

 

a)    L a solution de Jésus dans la Bible ;

«Ne jugez point,afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil?  Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien?  Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » (Mt 7, 1-5)

Correction fraternelle

  « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »(Mt 18, 15-18)

a)    La solution de l’Eglise ;

Pour e règlement des conflits, l’ Eglise propose et suggère plusieurs valeurs chrétiennes, évangéliques suivantes :

1)   Le dialogue

Le dialogue est un entretien entre deux personnes où s’opère un échange d’idée et d’expérience en vue d’un enrichissement mutuel. Le dialogue c’est le nerf même de la vie. Pour qu’il ait un véritable dialogue, il faut l’écoute, le respect, le silence, l’attention,la réflexion etc. Le dialogue dissipe beaucoup de malentendu, beaucoup de préjugés. Dans le dialogue le couple doit s’habituer à faire le bilan de la journée, évaluer ses entreprises, analyser mûrement ses projets, critiquer pour ne rien faire à la légère. Il s’agit du débat d’idées et pas de personne. Dans le dialogue c’est la force des arguments qui prévale et non l’autorité. Il faut être aussi humble et adopté le chemin de la personne qui a des arguments plus solides et convaincants.  Quand le dialogue est bloqué et que les gens ne trouvent pas un terrain d’entente, il faut reporter la discussion pour relancer des recherches auprès des personnes ressources, des personnes plus expérimentées en la matière en vue de les consulter sur la question. Cela nécessite de la patience, de la tolérance, de l’ouverture d’esprit. Il faut être méthodique dans le débat, ne pas s’accrocher aux mots mais chercher à comprendre ce que l’autre veut vraiment dire. Toujours chercher à voir les avantages et les inconvénients du sujet, bien cibler la problématique ou le but qu’il faut atteindre. Analyser et bien cibler l’intérêt proche ou loin pour le couple avant de s’y engager.

2)   Le respect, 

Le respect c’est la  reconnaissance de la valeur ou du bien-fondéd’une personne ou de quelque chose. Son Synonyme c’est l’estime dans ce qu’onappelle le respect d’autrui

Le respect c’est aussi un sentiment de soumission fondé sur lacrainte. C’est la manifestation de considération pour la valeur ou lasupériorité de quelque chose ou d’une personne. C’est une prise enconsidération qu’impose la vie en société le respect humain par exemple.C’est aussi le souci de fidélité fondé sur l’estime dans le traitement de (unouvrage de l’esprit). C’est encore la crainte marquant la soumission religieusepar exemple le respect qui inspire le culte des ancêtres. Le respectc’est une attitude qui consiste à être sans vouloir vous choquer ni manquer àla haute considération que vous méritez. C’est enfin empêcher de réagir enmaintenant à distance ou en intimidant une personne.

         la tolérance,

La tolérance c’est lacapacité à admettre le point de vue d’autrui et à avoir de l’ouvertured’esprit. C’est l’indulgence et la compréhension patientes par exemple pourl’un des plus grands défauts de son partenaire il fait toujours preuve de tolérance avec l’être de sa vie. C’estune capacité à supporter sans difficulté (une chose extérieure)

C’est aussi une autorisation non prévue par la règle ou par la loi mais accordée dans l’usage. C’est une aptitude physique à supporter l’effet de la colère, d’un choc, d’une insulte, d’un défaut ou d’une faiblesse de votre partenaire.

3)   La patience

C’est la qualité d’une personne qui consiste à supporter avec une certaine compréhension les aspects déplaisants, gênants ou pénibles du comportement d’autrui.

C’est aussi une aptitude d’une personne à attendre sans se lasser ni s’irriter quelqu’un qui tarde à venir ou quelque chose qui tarde à se produire. Mieux à attendre la conversion de l’autre ;

 C’est encore une vertu d’une personne ou d’un groupe qui consiste à supporter sans se plaindre les maux, les difficultés ou les désagréments de l’existence.

C’est enfin une aptitude d’une personne ou d’un groupe  à attendre longtemps un résultat et à persévérer dans ses efforts sans se lasser ni se décourager.

4)   La réconciliation, le pardon,

 

· La Réconciliation

 

            Susciter dans le cœur de l’homme laréconciliation c’est lui offrir le don le plus précieux. La réconciliation,constitue le plus grand remède naturel du cœur de l’homme. La personne qui faitainsi continue l’œuvre rédemptrice du divin Fondateur de l’Eglise, le ChristJésus. Se réconcilier c’est accepter de repartir sur de nouvelles bases. C’estaccepter d’oublier le passé ou de le purifier pour mieux vivre le présent.Accepter de se réconcilier c’est prendre conscience que le disque dur dumariage s’est planté et contient des virus ; et que la seule solutionc’est de le formater. La réconciliation c’est le formatage du disque dur dumariage pour réinstaller le logiciel de l’amour.

         Laréconciliation dans un village est un facteur de paix, d’entente, un palliatif,une gomme qui est efficace contre  lesincompréhensions, les entorses aux principes établis au départ, aux fautes véritablementcommises. Pour ce faire, cela exige un minimum d’humilité, une petite lucidité,d’une dose de grâce. Accepter qu’on a tord n’est pas donné d’avance. Amorcer unacte de réconciliation n’est pas non plus facile. L’orgueil est là pour nousempêcher.

          Voici au contraire à cette effet, l’exemple deDavid qui nous fournit un exemple significatif. Recevant les reproches duprophète Nathan, il accepte d’être confronté avec ses propres crimes et ilavoue: «J’ai péché contre le Seigneur» (2S 12,13). Il proclame:«Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi»( Ps 51,5  ). Mais aussi il prie: «Purifie-moi avecl’hysope, et je serai pur; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige»(117).Et il reçoit la réponse du Dieu miséricordieux: «Le Seigneur a pardonné tonpéché: tu ne mourras pas»(118).

         L’Eglise se trouve donc en face del’homme – en face de tout un monde humain – blessé par le péché, atteint parlui au plus intime dans la profondeur de son être, mais en même temps poussépar le désir incoercible d’être libéré du péché et, spécialement s’il estchrétien, conscient que le mystère de piété, le Christ Seigneur, agit enlui et dans le monde par la force de la Rédemption.

         La fonction de réconciliation entre leshommes doit se déployer en fonction du lien intime qui rattache étroitement lepardon et la rémission du péché de chaque homme à la réconciliationfondamentale et plénière de l’humanité, réalisée par la Rédemption. Ce liennous fait comprendre que, le péché étant le principe actif de la division -division entre l’homme et son Créateur, division dans le cœur et dans l’espritde l’homme, division entre les individus et entre les groupes humains, divisionentre l’homme et la nature créée par Dieu -, seule la conversion qui détournedu péché est capable de réaliser une réconciliation profonde et durable partoutou la division a pénétré.

·

  Le Pardon

            Pardonner est undon, est une grâce. Notre cœur est prompte à la rancune, à l’orgueil, maisquand on reçoit la grâce du pardon, on est aux anges, on est heureux ouheureuse. Le pardon fait du bien à notre cœur. Notre cœur est comme unordinateur, quand il reçoit un choc, il a de la peine, cela pèse, c’est commeun virus qui fait planter l’ordinateur, c’est pourquoi, quand on est offensé,il ne faut pas forcer la réconciliation, il y a des problèmes où il fautlaisser le temps aux temps, où il faut des explications claires pour que lecœur pardonne. Si tu retrouve par exemple ton partenaire sur votre lit conjugalavec une tierce personne, pensez-vous qu’en disant directement je te pardonneparce qu’on nous le demande, penses-tu que ton cœur sera libérer ainsi ?Nous croyons au préalable qu’il faudra une certaine démarche pour que le cœurait le temps d’ingurgiter et de digérer, puis simplifier et enfin d’effacer,d’où le pardon.

         Lanouvelle justice annoncée par Jésus nous invite non seulement à pardonner à lefaire autant que possible.

          «Car, je vous le dis, si votre justice nesurpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans leroyaume des cieux. Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueraspoint; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous disque quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par lesjuges; que celui qui dira à son frère: Raca! Mérite d’être puni par lesanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! Mérite d’être puni par le feu dela géhenne. Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu tesouviennes que ton frère a quelque chose contre toi,  laisse là ton offrande devant l’autel, et vad’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.  Accorde-toi promptement avec ton adversaire,pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que lejuge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Jete le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernierquadrant. Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère.Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjàcommis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi uneoccasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageuxpour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pasjeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute,coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul detes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne.»  (Mt 5, 20-30).

Pardon desoffenses

         «Alors Pierre s’approcha de lui, etdit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il pécheracontre moi? Sera-ce jusqu’à sept fois? Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu’àsept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois. » (Mt 18, 21-22)

         Le Symbole des Apôtres lie la foi aupardon des péchés à la foi en l’Esprit Saint, mais aussi à la foi en l’Egliseet en la communion des saints. C’est en donnant l’Esprit Saint à ses apôtresque le Christ ressuscité leur a conféré son propre pouvoir divin de pardonnerles péchés: « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés,ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur serontretenus » (Jn 20,22-23). Il faut avoir l’habitude de fréquenterrégulièrement le sacrement de la confession, du pardon de la réconciliation.

0. Conclusion.

 Le règlement des conflits  chez les Bapa de l’Ouest – Cameroun met enplace tout le savoir être de son arsenal traditionnel . Mais malheureusement,malgré tout son arsenal,  subsistetoujours des conflits inter individus et inter familles qui engendrent desrancunes et des rancœurs irréparables jusqu’à la tombe comme nous leconstatons. Notre tradition gagnerait à bénéficier de l’apport du Christ et deson Eglise pensons-nous.

PAR JOSEPH TEFANG,

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